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Elodie en Amazonie...

Aux pays des Shuars

En 2009, j’avais envie de repartir à l’étranger. Mon choix s'est porté sur l’Amérique Latine, sous-continent qui m’a toujours fascinée de par la richesse de ses peuples...


Elodie en Amazonie...
Etudiante en Coopération Internationale, j'ai déjà vécu cinq mois aux Etats-Unis en 2008 .
Durant deux mois , en tant que guide, j'ai accompagné un groupe folklorique chilien "los Maipucitos " pour l’Association Nationale Cultures et Traditions.
Jean Roche m'a proposé d'aller à la rencontre d’une tribu Shuar d’Amazonie équatorienne.
Je ne savais pas grand chose de ces indigènes que l’on appelait auparavant les Jivaros ou « réducteurs de têtes » mais j’ai décidé de tenter l’expérience car ce n’est pas tous les jours que l’on propose à une étudiante de vivre au sein d’une communauté indigène dans la forêt amazonienne !

Elodie en Amazonie...
Je suis donc partie en juin 2010 pour une période de deux mois en Equateur. Après un passage par Bogota en Colombie, je suis arrivée à Quito, capitale du pays mais huit heures de bus m’attendaient encore avant d’arriver à San Pablo de Wankants, entre Macas et Puyo, deux des villes les plus importantes de « l’Oriente ».

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J’étais attendue par une famille d’environ trente personnes qui m’ont accueillie les bras ouverts après une danse guerrière. Logée dans une maison traditionnelle en bois, je donnais des cours de français et d’anglais à une quinzaine d’enfants de la communauté. J’ai pu découvrir leur mode de vie fait de travail au champ et de beaucoup de temps en famille. Les familles shuar vivent souvent de la vente du bois ou de leurs productions de « malanga », « yuca » et autres produits locaux mais l’argent n’est pas important pour eux car ils héritent des terres de leurs parents et estiment qu’ils ne sont jamais pauvres tant qu’ils peuvent avoir des terres pour se nourrir et construire leur maison.

Elodie en Amazonie...
J’ai pu évoluer dans cet environnement reposant mais qui ne ressemble pas tout à fait aux idées que l’on se fait de la jungle. Les animaux exotiques disparaissent petit à petit et la déforestation est un réel problème. Les compagnies pétrolières en sont bien sûr les principales responsables mais les Shuar n’ont pas peur d’avouer qu’ils participent aussi à la déforestation en vendant leur bois. Ils réfléchissent donc à des solutions alternatives. La famille dans laquelle je vivais cherche par exemple des fonds pour pouvoir planter un champ de « malanga » et s’équiper en véhicules pour vendre leurs productions dans les marchés. C’est un projet qui leur tient à cœur, tout comme celui de faire connaître leur culture pour ne pas qu’elle tombe dans l’oubli et surtout que les plus jeunes soient fiers d’être Shuar dans un pays où ils cherchent de plus en plus à étudier dans les grandes villes ou à partir vivre et travailler aux Etats-Unis, loin des traditions.

Pendant mon séjour j’ai bien compris ces préoccupations et serais heureuse de témoigner pour les faire connaître en France.

Elodie en Amazonie...
En dehors de ces rencontres enrichissantes, j’ai eu l’occasion de voyager et de découvrir les villes de Baños, connue pour ses sources d’eau chaude, Tena, autre ville d’Amazonie et ses alentours où l’on trouve encore beaucoup de singes et des espèces étonnantes d’oiseaux, Cuenca, ville coloniale des Andes par excellence où sont fabriqués les chapeaux « panamas », et bien sûr Quito, belle capitale où malheureusement, la criminalité et la délinquance sévissent.
Rien à voir avec Macas où je ne ressentais aucune peur et pouvais me promener seule. Dans cette région, la population était presque exclusivement shuar et était très étonnée de voir une « Blanche » s’intéresser à leur culture et vivre comme eux. Les Shuar sont très attachants et même s’ils ne possèdent pas énormément de choses, ils étaient toujours ravis de m’inviter à tour de rôle pour manger des « ayampacos » (poulet ou poisson cuits au feu de bois dans une feuille de bananier ou de bijao) ou simplement pour partager la « chicha » (boisson traditionnelle à base de yuca fermentée).

Elodie en Amazonie...
Aujourd'hui, Ils me reste tous les bons moments de ce séjour et j’ai bien sùr oublié tous les petits désagréments dus au manque d’eau chaude ou de nourriture répétitive. Me reviennent sans cesse à l’esprit les sourires des enfants, la gentillesse des femmes qui m’ont prises sous leurs ailes, la pédagogie des hommes qui m’emmenaient aux champs pour me parler de leurs coutumes, et les paysages à couper le souffle d’un pays où l’on trouve si bien la mer, que les Andes ou la jungle.
J’espère pouvoir retourner voir « ma deuxième famille » dans un futur proche ou avoir la surprise de les retrouver dans un prochain Festival des Cultures du Monde à Gannat.
Pour terminer, je remercie Jean Roche pour cette opportunité exceptionnelle et ne peut qu'encourager tous les jeunes à partir à l’aventure car les expériences de ce types sont plus qu’enrichissante.

Elodie en Amazonie...




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