Cultures du Monde, acteur du patrimoine culturel immatériel

Haggiyo

le Hudhud, trésor de l'Ile de Luçon

Cet ensemble philippins appartenant à l'ethnie Ifugao interprète le Hudhud, un chant issu d'une tradition multiséculaire désormais classé chef d'oeuvre du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité par l'Unesco.


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Le Hudhud, trésor de l’oralité, est accompagné par des gongs ou des percussions en bois comme le bangibang ou le palipal. Composé de quelques 40 épisodes, ce long récit épique décrit la vie des héros de la communauté.
Mais Haggiyo en a choisi les plus beaux morceaux afn de faire partager un moment symbolique fort : on découvre les exploits du courageux guerrier Aliguyon et ses combats avec Pumbakhayon. Ennemis au commencement, les deux hommes apprennent à se connaître et se respecter en tant qu’adversaires. Puis, ils baissent les armes et scellent une amitié solide, en s’alliant chacun à la sœur de l’autre.

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C’est un des grands intérêts du Hudhud que de dénoncer la violence inutile et d’insister sur la valeur du pacifsme. Ce rare cas nous surprend par un discours à contre-courant de ceux des habituels récits mythologiques.
Pourtant, l’esprit du Hudhud est depuis longtemps menacé : Après des décennies d’occupation étrangère (Espagnols, Anglais, Américains et Japonais) la plupart des Ifugao ont abandonné leurs pratiques traditionnelles, leur religion, et beaucoup de leurs coutumes. Leurs rizières très connues, vieilles de plus de 2000 ans, sont la marque d’un système agricole réellement élaboré. Celui-ci s’est toutefois détérioré car de plus en plus de gens ont quitté la province pour chercher un mode de vie plus moderne et un meilleur salaire.
Le Hudhud était récité originellement lorsque les Ifugao cueillaient le riz à la main : il accompagnait les travailleurs dans leur tâche. Mais avec la disparition de la tradition orale, nombreux sont ceux qui se désolent de l’usage à présent  restreint du Hudhud : il ne servirait plus que pour les veillées funèbres. Le Hudhud n’est pas un chant à proprement parler, c’est un  recueil musical des mythes Ifugao, traditions et croyances transmises oralement depuis le XVe siècle (même si certains chercheurs le pensent plus vieux).

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De rares anciens connaissent le Hudhud par cœur, même s’il faut trois jours pour le réciter en entier ! Les plus vieux, craignant que ce savoir ne  disparaisse avec eux, ressentent l’impératif de le transmettre aux jeunes dont la plupart  préfèrent aller travailler à Manille ou à l’étranger plutôt que d’être les gardiens de la tradition. Peu retournent dans leur village natal et les paysages philippins, si beaux soient-ils, perdent un peu de leur âme quand ils ne sont plus contemplés que par les touristes.
Cependant, grâce à la démarche de sauvegarde de l’UNESCO (qui a classé le Hudhud comme faisant partie du Patrimoine Culturel Immatériel), le reste du monde a pris conscience de l’importance du Hudhud, auparavant relativement inconnu hors des limites du pays. Les Ifugao ont alors retrouvé confance et ont souhaité construire une école des traditions vivantes : outre le Hudhud, on y apprend désormais à planter le riz, pratiquer les danses traditionnelles...
Les Ifugao se consacrent ainsi à rattraper des décennies de « déclin culturel »dû à certaines pratiques des écoles missionnaires qui réprouvaient parfois la transmission de la culture traditionnelle. Haggiyo, « passeur » du Hudhud, nous invite par son hymne à une véritable communion.
Nous aurons la chance de retrouver Haggiyo lors de la conférence sur le rôle des femmes dans la transmission de la tradition qui aura lieu pendant la période du festival.

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En bref

Ambassadrice pour un projet de longue haleine

Ambassadrice pour un projet de longue haleine
Lors de son périple en Amérique latine, Stéphanie, une de nos guides-accompagnateurs des groupes invités, est passé à Bogota en Colombie pour saluer les membres du groupe Pachamama invités en 2016.
Stéphanie a  accepté de se rendre ensuite à Medellin  afin de  rencontrer les musiciens du groupe Zafarrancho, un ensemble recommandé par l'Alliance Française.
Un saut de puce de 500 kms et quelques 9h00 de route plus tard, la voici à Buenaventura  à la rencontre d'un autre groupe  programmé dans le cadre de "l'année de la Colombie en France".
c'est  un  groupe qui lutte depuis deux ans pour financer son voyage et pour lequel nous avons préparé un programme de 6 semaines en France l'été prochain
 Stéphanie mérite amplement le titre d'ambassadrice gannatoise de Cultures du monde.
Notre image : sur les ondes de radio Buenaventura
 


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