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Tifermasc

Echos de Martinique

Tifermasc est porteur d'une démarche intéressante, qui consiste à apprendre et enseigner la danse telle que la pratiquaient leurs ancêtres.


Tifermasc

Fondé en 1991, aux Trois-Ilets en Martinique, Tifermasc est composé d’une trentaine de jeunes de 8 à 22 ans. Cet ensemble est porteur d’une démarche intéressante consistant à apprendre et enseigner la danse telle que la pratiquaient leurs ancêtres (transmise même pendant la période d’esclavage, en secret), mais aussi à adapter les pas de la tradition à la musique d’aujourd’hui.Les danses du Bélé et de la Kalenda expriment l’âme et la vie quotidienne traditionnelles. Le bélé est un type de danse à tambour inspiré des cultures africaines et se compose à partir d’un chant structuré en appels et réponses.

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Dans le même ordre d’idée, Les danses du labeur s’inspirent des travaux des champs : durant la coupe de la canne à sucre et le travail du manioc, les ancêtres frappaient le tambour en chantant pour se donner du cœur à l’ouvrage.
La Kalenda quant à elle est plus osée. Jugée trop licencieuse par les anciens colons, cette danse originaire de Guinée avait fait l’objet d’une interdiction mais les danseurs se retrouvaient la nuit dans les bois pour pouvoir la pratiquer en cachette. Cette danse vigoureuse mais stylisée, fait penser à un firt amoureux rythmé au son d’un ou de plusieurs tambours entrecoupées de « breaks » violents; dans une ambiance surchauffée, l’assistance clame sa joie en tapant des mains et des pieds pour encourager l’évolution des danseurs.
Enfn, le Laghia est une autre danse inventée par les esclaves : comme on leur interdisait de se battre, ils déguisèrent leurs luttes en danse : ainsi naquit le fameux Laghia de la mort, originaire du Dahomey (actuelle République du Bénin) qui naguère servait aux règlements de compte. Interdite depuis 1950, il ne reste de cette danse de caractère que les éléments chorégraphiques les plus harmonieux dont Tifermasc a su s’inspirer.

Tifermasc
A ces danses typiques se sont ajoutées au fl du temps des danses plus européennes, héritées des XVIIIe et XIXe siècles : Biguine, Mazurka, Quadrille et valse créole prennent leur essor en Martinique grâce à l’installation d’une petite bourgeoisie se concentrant dans les villes telles que Saint-Pierre. Elle sont reprises avec brio par les esclaves affranchis et rendues populaires dans toute l’île.
Tous ces croisements de styles se retrouvent dans l’utilisation des instruments : tambours, tibois et chants se mêlent à des instruments d’infuence plus tardive comme la guitare,  l’accordéon, le piano et l’harmonica, pour proposer un panel de danses à la confuence entre cultures créole, africaine et européenne.
Le plaisir des sens est assuré avec Tifermasc qui, non content d’enchanter nos oreilles, nous offre un spectacle visuel à l’image du soleil radieux des Antilles !
Les costumes chatoyants des femmes, faits de superposition de tissus et de foulards noués, sont une véritable explosion de couleurs.
Costumes, rythmes, fgures de danses : Tifermasc cherche à faire connaître une culture qui a survécu malgré des années d’esclavage et grâce à une transmission orale. Les mariages musicaux nés d’infuences variées donnent à ce ballet une force chorégraphique syncrétique assumée et enjouée.

Tifermasc



En bref

Ambassadrice pour un projet de longue haleine

Ambassadrice pour un projet de longue haleine
Lors de son périple en Amérique latine, Stéphanie, une de nos guides-accompagnateurs des groupes invités, est passé à Bogota en Colombie pour saluer les membres du groupe Pachamama invités en 2016.
Stéphanie a  accepté de se rendre ensuite à Medellin  afin de  rencontrer les musiciens du groupe Zafarrancho, un ensemble recommandé par l'Alliance Française.
Un saut de puce de 500 kms et quelques 9h00 de route plus tard, la voici à Buenaventura  à la rencontre d'un autre groupe  programmé dans le cadre de "l'année de la Colombie en France".
c'est  un  groupe qui lutte depuis deux ans pour financer son voyage et pour lequel nous avons préparé un programme de 6 semaines en France l'été prochain
 Stéphanie mérite amplement le titre d'ambassadrice gannatoise de Cultures du monde.
Notre image : sur les ondes de radio Buenaventura
 


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