Qu'est ce que le Patrimoine Culturel Immatériel ?
Une prise de conscience internationale de la fragilité de nos patrimoines humains
La notion de Patrimoine Immatériel fut évoquée pour la première fois par les pays membres de l’UNESCO, lors de la Conférence de Mexico en 1982. En évolution constante, elle englobe aujourd’hui l’ensemble des manifestations culturelles, traditionnelles et populaires comme vecteur de transmission de la mémoire commune : traditions et expressions orales (langues, récits et témoignages), arts du spectacle (musique, danse), pratiques sociales, rituels et évènements festifs, savoirs et savoir-faire liés à l‘artisanat traditionnel, connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers.
Très vulnérable, cette part du patrimoine que constitue l’héritage
culturel vivant des communautés, mérite une attention et une protection particulière. C’est pourquoi une convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été adoptée en octobre 2003 et est entrée en vigueur le 20 avril 2006. Elle compte
aujourd’hui 78 membres. Fruit d’un long processus de maturation, ce texte renforce l’idée qui figurait déjà dans la Déclaration Universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle adoptée en 2001 : la diversité culturelle doit être considérée comme un «patrimoine commun de l’humanité» et sa «défense comme un impératif éthique, inséparable du respect de la dignité de la personne humaine».
La reconnaissance des communautés et des groupes comme étant ceux qui identifient, mettent en oeuvre, recréent et transmettent le patrimoine immatériel ou vivant, a atteint son point culminant avec l’adoption de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Avec sa mise en place, l’UNESCO a montré sa volonté de résister à l’uniformisation qui menace les cultures du monde. «Beaucoup d’éléments du patrimoine culturel immatériel sont mis en Patrimoine Culturel Immatériel péril par la mondialisation, les politiques uniformisantes et le manque de moyens, d’appréciation et de compréhension qui, ensemble, peuvent finir par porter atteinte aux fonctions et aux valeurs de ces éléments et entraîner le désintérêt
des jeunes générations».
Véritable outil normatif, elle réaffirme le droit des Etats d’élaborer des politiques culturelles en vue de «protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles», d’une part, et d’autre part, de «créer les conditions permettant aux cultures de s’épanouir et d’interagir librement de manière à s’enrichir mutuellement». Elle les encourage par ailleurs à « veiller à promouvoir, de façon appropriée, l’ouverture aux autres cultures du monde ».
Le respect de la diversité des cultures et le dialogue interculturel constituent l’un des meilleurs gages de développement et de paix. Dans cet esprit, l’UNESCO a chargé le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de veiller au suivi de la convention.
En respect du principe de souveraineté des Etats, l’Etat partie est le premier responsable de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel présent sur son territoire. Il lui appartient de faire participer les acteurs locaux, notamment à l’identification, à la définition des différents éléments de ce patrimoine et à sa gestion. L’une des clés du succès de cette convention sera l’implication des communautés, groupes et individus dans la sauvegarde du patrimoine immatériel.
Placer la diversité culturelle au coeur du débat international est une réponse nécessaire à la préoccupation croissante des sociétés civiles et des gouvernements quant à la préservation de la diversité culturelle, qui est un héritage commun de l’humanité au même titre que la biodiversité, ainsi qu’ à la promotion des cultures vivantes et de la capacité créative.
Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, lors de sa troisième session à Istanbul en Turquie, du 4 au 8 novembre 2008, a décidé de recommander à l’Assemblée générale des États parties à la Convention d’accréditer l'Association nationale Cultures et Traditions (voir Décision 3.COM 9). La prochaine session de l’Assemblée générale, prévue pour juin 2010, procèdera à l’examen des recommandations du Comité et décidera des ONG qui seront accréditées.